Le
reportage d’ « Envoyé Spécial » sur France 2 d’hier est édifiant. Il met en
exergue le comportement agressif d’un tigre ayant tué 11 personnes,
comportement qui peut résulter de la déforestation illégale des forêts
indonésiennes pour la fabrication de la pâte à papier et il met l’accent sur
l’impunité de telles pratiques. 10% des papiers utilisés en France seraient d’origines
douteuses, via des importations lointaines *, ce qui n’est pas un chiffre
catastrophique au regard des 90% restants qui s’en trouvent donc être, en
principe, vertueux.
Pour autant il nous faut travailler sur ces 10% pour
minimiser nos impacts. Si les forêts françaises ne sont pas impactées par
l’activité économique de la filière papier, l’exemple de Sumatra n’est
malheureusement pas unique au monde et progressivement – grâce aux travaux des
journalistes et des ONG – l’information circule, il faut maintenant agir.
La commission Développement Durable de l’AACC, avec d’autres
organismes, associations ou fédérations se mobilise pour agir concrètement sur les achats de papier liés à nos
métiers. Nous voulons donc :
Créer
des outils de traçabilité sur l’origine des pâtes à papier, afin que les
choix puissent être faits en amont, en toute transparence, par les
professionnels de la filière, les annonceurs, les agences, les plateformes, les
papetiers,les distributeurs et
les imprimeurs,
-
Notre responsabilité est de
minimiser le plus possible - pour in fine les proscrire définitivement - de
telles pratiques douteuses qui mettent en danger la nature mais aussi les
économies locales. Des labels et des certifications existent aujourd’hui tout
au long de la filière mais ils vont devoir très clairement évoluer vers une
approche basée sur des critères
indiscutables.
Tous nos clients sont aujourd’hui confrontés à des
pressions sur leurs achats et nous devons , bien sûr, en tenir compte dans
nos offres commerciales.
Mais nous ne devons pas nous abriter derrière
l’argument prix pour accepter des dérives malsaines car beaucoup de
professionnels européens proposent aujourd’hui des solutions respectueuses de
l’environnement, aussi bien en ce qui concerne la gestion durable des forêts,
la fabrication des pâtes à papier, le recyclage, et les process d’impression et
ce à des prix très compétitifs.
Il est donc fondamental que tous les acteurs de la
filière s’opposent formellement à la continuation des pratiques dénoncées dans
l’émission « Envoyé Spécial » en prenant des engagements d’achat très
fermes et en développant des outils de traçabilité incontestables.
Notre profession a déjà fait beaucoup d’efforts
depuis le Grenelle de l’environnement et ce n’est pas quelques intérêts à court
terme qui nous empêcheront de poursuivre notre action.
* estimation WWF 2010 salon Intergraphic, de son coté – et spécifiquement sur Sumatra – la COPACEL annonce pour 2009 1,1% de pâte à papier et 0,14% de la consommation de papiers et cartons en provenance de l’Indonésie dont une partie est certifiée.
Pierre Siquier





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