Cette question, tous les professionnels du secteur publicitaire doivent ou ont dû se la poser, sauf à être particulièrement hermétiques à leur époque, ce qui est a priori incompatible avec le métier… Et, à ceux qui étaient un peu "dur d'oreille", les coups de boutoirs de la société civile et du Grenelle ont nécessairement dû signaler qu'il se passait quelque chose d'inhabituel.
La preuve qu'ils se la sont posée, cette question, c'est qu'ils se sont mis en marche. Alors, certes, il en est encore qui traînent les pieds, qui persistent à pratiquer la publicité "à la papa", à râler contre les exigences de l'ARPP, à s'indigner des critiques des écologistes, à faire du bon gros greenwashing … mais le gros des troupes est en mouvement. Le taux de greenwashing a été divisé par deux en deux ans, tombant à 3% de la publicité diffusée. C'est encore 3% de trop, mais tout de même, il y a du mieux.
La grande vraie bonne nouvelle, c'est que tous les professionnels qui veulent se mettre sérieusement à la communication éco-responsable disposent maintenant d'une batterie d'outils opérationnels très pointus pour étayer leur approche. Sans les citer tous, retenons : les règles déontologiques de l'ARPP (comment maîtriser le contenu des messages), le guide "Clés pour une communication responsable" de l'UDA (précieux éclairage sur les process de travail), l'outil Adere pour un autodiagnostic environnemental des opérations événementielles… sans oublier, bien sûr, l'ouvrage collectif didactique publié par Adwiser sur la communication responsable (Editions Eyrolles). Et d'autres sont dans les tuyaux, près à sortir en 2010.
Autrement dit, ceux qui aujourd'hui continuent à faire du greenwashing et de la publicité façon années 90 n'ont plus d'excuses : ils ont tout à portée de main. Et si la gravité des enjeux ne suffit pas à les convaincre, peut être qu'ils trouveront à matière à méditer dans un sondage récent (Quintess, nov.2009) qui fait apparaître que si 9 Français sur 10 sont intéressés à consommer plus responsable, 8 sur 10 ne font pas confiance aux discours environnementaux des entreprises. La faute à qui ?
Anne Chanon






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